La carte de densité de semis : à chaque type de sol sa dose de semences
Une parcelle n’est pas homogène : ici un limon profond, là une craie, plus loin une zone caillouteuse. Semer partout à la même densité, c’est trop dense sur les terres qui n’en ont pas besoin et trop clair là où la levée sera difficile. La carte de semis donne à chaque zone de sol sa propre densité, et le semoir module en roulant.
La carte de semis est la plus simple des trois cartes de préconisation à mettre en œuvre : elle ne demande aucune analyse de terre. Elle s’appuie sur la typologie du sol — limon, argile, sable, craie… — que la cartographie de vos parcelles a établie, et sur ce que vous savez de votre semis : la date, la variété, le lot de semences, l’état du sol. Cette page explique d’où viennent les zones, quelles cultures sont couvertes, ce que vous renseignez et comment la dose est calculée. Pour le principe général de la modulation et le matériel qu’elle demande, voyez le guide de la modulation des intrants.
Pourquoi la densité doit changer avec le sol
Une graine de plus n’est pas un épi de plus. Sur une terre profonde et bien pourvue, chaque plante talle, s’étale, et un peuplement trop dense se fait concurrence à lui-même : verse, maladies, petits épis. Sur une craie, un sable ou une zone caillouteuse, c’est l’inverse : la levée est plus difficile, le tallage plus faible, et il faut plus de graines pour arriver au même nombre de plantes. La bonne densité n’est donc pas une valeur par parcelle mais une valeur par type de sol — et une parcelle en contient souvent trois ou quatre.
Pas d’analyse de terre nécessaire. C’est ce qui distingue la carte de semis de la carte de fumure de fond ou de la carte de chaulage, qui ont besoin des teneurs et du pH de chaque zone. Pour le semis, la typologie du sol suffit : dès que vos parcelles sont cartographiées, la carte de semis se génère, campagne après campagne, sans rien prélever.
Les cultures couvertes
AgriDrone calcule des cartes de semis pour six cultures :
- blé tendre, et blé sur blé (dont le raisonnement est spécifique) ;
- escourgeon, et escourgeon hybride (densités et corrections propres aux hybrides) ;
- betterave sucrière ;
- lin fibre.
Les autres cultures — orge de printemps, maïs, colza, tournesol… — ne sont pas couvertes. Nous préférons le dire clairement plutôt que de proposer une carte dont nous ne maîtrisons pas les références.
Ce que vous renseignez
Pour chaque parcelle, l’application vous demande ce que vous seul savez :
- l’année de récolte et la date de semis prévue ;
- la variété ;
- le PMG (poids de mille grains) et le taux de germination du lot de semences — ils sont sur l’étiquette du sac ;
- l’état de préparation du sol : bon, passable ou mauvais.
Le type de sol de chaque zone, lui, vient de la cartographie : vous n’avez rien à saisir.
Comment la dose est calculée
Le principe est le même pour toutes les cultures : une densité de base par type de sol, puis des corrections pour ce qui, cette année, rend la levée plus ou moins facile. La densité finale est convertie en kilos par hectare à partir du PMG et du taux de germination du lot — c’est la dose que lit le semoir.
| Culture | Densité de base | Ce qui la corrige |
|---|---|---|
| Blé, blé sur blé, escourgeon | En grains/m², selon le type de sol de la zone | Semis tardif : +2 grains/m² par jour de retard le premier mois, puis +3 par jour, jusqu’à deux mois (référence : 30 septembre pour le blé, 25 septembre pour l’escourgeon). Préparation du sol : +13 % si passable, +25 % si mauvaise. Cailloux : +3 % à +35 % selon la part de cailloux de la zone. |
| Escourgeon hybride | En grains/m², selon le sol | Semis tardif : de +5 à +70 grains/m² entre le 30 septembre et le 5 novembre. Préparation : +5 % si passable, +10 % si mauvaise. |
| Betterave sucrière | En graines/ha, selon le type et l’état du sol | D’environ 100 000 à 135 000 graines/ha selon la zone. |
| Lin fibre | Selon le sol | Préparation du sol ; PMG hors de la plage habituelle ; semis précoce (avant le 15 mars) ; puis ramenée au taux de germination. |
Ces règles sont celles que les conseillers appliquent à la parcelle ; ce que la carte ajoute, c’est de les appliquer à chaque zone de sol de la parcelle, y compris la correction « cailloux » que personne ne peut faire à la main.
Vous gardez la main. Vous pouvez appliquer une préférence personnelle — un pourcentage en plus ou en moins sur toute la parcelle, parce que vous connaissez votre semoir ou votre variété — et, si vous le souhaitez, corriger la dose zone par zone. La carte propose, vous décidez.
Ce que vous recevez
- Une carte de semis par parcelle et par culture, générée dans AgriDrone : la densité de chaque zone en grains/m² (ou graines/ha) et en kg/ha, et le total de semences à prévoir.
- Le fichier pour votre semoir, dans les formats et pour les consoles détaillés sur la page modulation. Si votre exploitation est appairée à John Deere Operations Center, la carte y est envoyée directement. Sans semoir à dose variable, le mode conduite affiche la densité à régler zone par zone.
- Une carte qui se refait chaque année, en quelques minutes : les zones ne bougent pas, vous ne changez que la culture, la date, le lot et l’état du sol.
Quand préparer sa carte de semis
Au moment de choisir ses semences, pas la veille du semis : c’est là que le PMG et le taux de germination du lot sont connus, et que la date de semis se précise. Concrètement, fin août à septembre pour les blés et escourgeons, février pour la betterave et le lin. Si le semis glisse, vous modifiez la date dans l’application : la correction de retard se recalcule.
Le prérequis : un zonage des types de sol
La carte de semis a besoin d’une chose : la cartographie de vos sols, réalisée sur sol nu — par le zonage drone ou à partir de la carte Cantia — qui attribue à chaque zone son type de sol. C’est tout. Pas de prélèvement, pas d’analyse : dès que le zonage existe, la carte de semis est disponible pour toutes les campagnes suivantes.
Questions fréquentes sur la carte de semis
- Ma culture n’est pas dans la liste : que faire ?
- Pour l’instant, rien de plus que ce que fait votre conseiller : la carte de semis n’existe que pour les six cultures dont nous maîtrisons les références. Si votre culture s’y ajoute un jour, vos parcelles déjà zonées en profiteront sans nouvelle cartographie.
- Faut-il des analyses de terre pour une carte de semis ?
- Non. La carte repose sur le type de sol de chaque zone, établi par la cartographie. Les analyses ne servent qu’aux cartes de fumure de fond et de chaulage.
- Pourquoi demander le PMG et le taux de germination ?
- Parce qu’une densité en grains/m² ne devient une dose en kg/ha qu’à travers eux : deux lots de la même variété peuvent différer de 10 g de PMG et de quelques points de germination, ce qui change la dose de plusieurs kilos par hectare. L’application fait la conversion pour chaque zone.
- Mon semoir ne module pas la densité : la carte sert-elle à quelque chose ?
- Oui. Le mode conduite vous indique zone par zone la densité à régler ; avec deux ou trois réglages par parcelle, vous captez l’essentiel de la différence entre vos sols. Et si vous changez de semoir, la carte est déjà prête.
- Puis-je modifier la dose proposée ?
- Oui, de deux façons : une préférence en pourcentage sur toute la parcelle, et une correction manuelle zone par zone. La proposition de l’application reste visible à côté de votre choix.
Vos sols ne sont pas tous les mêmes. Vos densités de semis non plus ?
Dites-nous vos cultures et si vos parcelles sont déjà cartographiées : nous vous montrons, sur l’une d’elles, à quoi ressemblerait votre carte de semis.
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